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Journée internationale du Parlementarisme

En 2018, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait une résolution par laquelle elle affirmait sa volonté de resserrer les liens de l’Organisation avec l’Union interparlementaire et qui appelait les Parlements à travailler, entre autres, à l’établissement de la paix, au respect des droits de l’homme et de l’égalité des sexes.

Dans la foulée, l’ONU faisait du 30 juin la Journée internationale du Parlementarisme, coincée, pour l’anecdote, entre la Journée internationale des Tropiques, le 29 juin, et celle des Coopératives , le 1er juillet.

Parler DU parlementarisme est sans doute un exercice impossible, tant derrière le mot parlement se cachent des réalités bien différentes. La plupart des régimes dictatoriaux se drapent ainsi d’oripeaux parlementaires pour cacher leur vraie nature et se parer d’un verni de démocratie. Ce n’est évidemment et heureusement pas le cas du Parlement de Wallonie, démocratiquement élu, représentant la population dans sa diversité.

Ici, comme en bien d’autres endroits où elle s’exerce, la démocratie représentative est cependant régulièrement remise en cause pour être, tantôt responsable, tantôt victime de l’éloignement entre les citoyens et le monde politique.  Dans ce contexte, certains estiment la démocratie représentative dépassée et pour tout dire ne répondant plus à sa vocation originelle : être la voix du peuple et agir en son nom.

D’aucuns en pincent pour le retour du tirage au sort, qui fit les beaux jours de la démocratie athénienne ou, plus tard, des républiques de Venise ou de Florence quand d’autres n’ont d’yeux que pour une démocratie plus directe dans laquelle le citoyen est appelé à se prononcer lui-même sur différents types de questions, par voie référendaire par exemple.

Pour différentes raisons, je pense que ces deux options, si elles sont prises comme alternatives à la démocratie participative, sont porteuses de dangers dont les moindres ne sont pas la contestation permanente de décisions prises sans que l’on puisse demander des comptes à celles et ceux qui les ont prises.

Est-ce pour autant qu’il ne faut rien changer dans notre système démocratique tellement il donne une satisfaction sans réserve ? Non, bien sûr. Et autant je suis persuadé que la démocratie représentative telle que nous la pratiquons et dont notre Parlement est l’étendard doit rester la pièce maîtresse de notre démocratie, autant je pense que nous devons être ouverts à de nouvelles formes d’expression citoyenne qui vienne non pas remplacer mais compléter, enrichir, notre mission de représentants du peuple.

C’est dans cette optique que nous devons, par exemple, replonger avec une attention accrue dans les travaux de Jürgen Habermas ou John Rawls et les théories de la démocratie délibérative selon laquelle une décision politique est réellement légitime lorsqu’elle procède de la délibération publique de citoyens égaux. Ce qui passe par la case élections, bien sûr, mais pas que. D’où l’importance à accorder aux initiatives portées conjointement par le Parlement et les citoyens – certaines existent déjà et d’autres pourraient suivre – ou à des expériences à mener comme le recours au sondage délibératif pour affiner certaines propositions, expliquer des enjeux majeurs  ou encore développer ce que j’appellerai la pédagogie citoyenne.

Je sais que les opposants aux théories de la démocratie délibérative fustigent la recherche d’un consensus rationnel au motif que cela avantage la position d’acteurs qui, au regard de certains critères dominants ou des règles mêmes de la discussion, peuvent être jugés « raisonnables ». C’est par exemple le cas de Chantal Mouffe, la philosophe politique née à Charleroi et inspiratrice de mouvements populistes d’extrême gauche. Pour elle,  les théories de la démocratie délibérative, « dénient le rôle central en politique de la dimension conflictuelle et son rôle crucial dans la formation des identités collectives ». Et elle leur oppose l’idée et le projet d’une « démocratie radicale et plurielle ».

Personnellement, recourir à la raison pour définir le cadre dans lequel la collectivité doit s’épanouir me semble plutôt une bonne idée…

Ce n’est évidemment pas aujourd’hui, Journée internationale du parlementarisme, que nous allons répondre à tous les enjeux qui se posent à un parlement dans une démocratie.

Mais pour faire vivre celle-ci dans son temps, et avec les enjeux et les défis qui se posent et vont se poser demain, il est de la responsabilité et du devoir de notre parlement, le Parlement de Wallonie, de réfléchir et d’agir pour que les citoyens se retrouvent pleinement dans leur démocratie. C’est un facteur essentiel de la vie en commun et de la confiance en l’avenir.

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